La guerre dans la cour du chef : Albert Moleka défie Marthe Tshisekedi

 

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(KINSHASA)- Albert Moleka qui s’était fait expulser du bureau et de la résidence d’Etienne Tshisekedi par l’épouse de son patron Marthe Jibikilayi, a confirmé qu’il demeurait toujours le directeur de cabinet et porte-parole du leader maximo.

‘‘Je suis toujours à l’Udps. Je suis le directeur de cabinet et porte-parole du président Etienne Tshisekedi’’, a-t-il déclaré sur les ondes de la radio onusienne. Cette déclaration tranchante démontre que le bras de fer entre les deux se poursuit mais elle reflète aussi la guerre de leadership qui se vit dans la cour du sphinx de Limete. Au retour de Moleka d’une mission aux Etats-Unis où il était parti représenter son chef, beaucoup de médias avaient fait large écho de l’altercation entre lui et l’épouse du président national de l’Udps. Des sources proches du président élu avaient rapporté la manière peu courtoise avec laquelle Marthe Tshisekedi avait chassé Moleka du bureau de son mari avec injonction de ne plus remettre ses pieds à sa résidence.

L’épouse Tshisekedi profitant de l’actuel état de santé de son mari, veut à tout prix contrôler la machine du parti mais se butte souvent à Moleka qu’elle considère comme élément gênant. En réalité, Albert Moleka n’exécute que les ordres de son chef, a indiqué un haut cadre de l’Udps mais aussi membre de la famille Tshisekedi. Lui-même Moleka affirme que les incidents familiaux ne le concernent pas. ‘‘ Ma fonction n’a rien avoir avec des incidents familiaux. Il n’y a jamais eu des problèmes entre mon boss et moi. Je vous dis encore entre les instances du parti et moi, il n’y a pas non plus des problèmes.

Les incidents familiaux n’ont rien avoir avec le parti. Je travaille normalement comme directeur de cabinet et porte-parole d’Etienne Tshisekedi’’, a précisé Moleka. A la question de savoir si Etienne Tshisekedi sera candidat président de la république ou non en 2016, son directeur de cabinet rappelle que seul le congrès du parti qui sera convoqué en décembre 2015 va trancher sur cette question comme aussi sur la participation de l’Udps aux futures échéances électorales. Moleka pense que les 59 résolutions prises à la fin de la convention de la plateforme  ‘‘ Sauvons le Congo’’ doivent être étudiées minutieusement par toutes les composantes de l’opposition.

Il a encouragé la pétition pour obtenir le départ de Malu Malu de la tête de la CENI. Pour lui, Malu Malu est le symbole du pouvoir actuel. Le dircab insiste qu’à l’heure actuelle, son patron, Etienne Tshisekedi se bat pour récupérer l’impérium. Une manière peut-être pour lui de justifier mais aussi de taire les critiques sur  l’absence et le silence total de son patron sur la scène politique. Des voix se sont élevées et s’élèvent toujours pour décrier le mutisme de Tshisekedi sur les problèmes majeurs du pays.

Un rapprochement avait été fait d’ailleurs avec le passage discret de l’ambassadeur- pasteur Théodore Mugalu, le chef de la maison civile du président Kabila à Limete où il s’était entretenu avec Etienne Tshisekedi en personne. ‘‘Depuis cette rencontre, le vieux ne parle plus mais avant ça, il était parti honorer Tabu ley au palais du peuple puis il a disparu totalement’’, a déploré Kabamba Jules, un membre de l’Udps- Fédération de la Tshangu à Kinshasa. Kabamba déplore le silence qu’il qualifie de coupable de Tshisekedi sur la mort de feu Mamadou Ndala- le symbole de la résistance anti-rwandaise tombé sur le front dans l’objectif de redonner la dignité au peuple congolais longtemps humilié par Kagame.

‘‘ Malgré les conseils, le vieux n’a pipé mot sur l’assassinat de Mamadou Ndala. Au parti, on s’était demandé pourquoi cette politique de deux poids, deux mesures. Il a préféré honorer Tabu ley comme il est de sa génération mais pour Mamadou, il est resté silencieux. Il aurait pu lui rendre hommage autrement comme il savait que son déplacement au camp Kokolo était difficile’’, s’est plaint le combattant de l’Udps habitué à faire le pieds de grue à la résidence de son leader à la 9émè rue Limete. Des cadres du parti accusent Marthe Tshisekedi d’être en connexion avec le pouvoir. Les révélations du très sérieux Bi-hedo ‘‘Congo News’’ ont étalé à nu les rencontres secrètes entre Marthe Tshisekedi et Théodore Mugalu.

Le journal a été même sanctionné par le conseil supérieur de l’audiovisuel- l’organe de régulation des medias au Congo pour avoir publié le contenu de ses rencontres secrètes. L’épouse Tshisekedi reconnue pour sa cupidité exagérée trouve en Moleka, une barrière pour atteindre ses ambitions démesurées. Marthe Jibikilayi a décidé désormais de jouer le premier rôle et de ne laisser aucune autre personne contrôler son mari de président. D’après les indiscrétions au sein de la famille, elle trouve en seul Félix Tshisekedi-son fils  les qualités et la compétence pour reprendre les rênes du parti en cas d’indisponibilité de son conjoint leader. Anticipativement, la dame de fer commence déjà à écarter de la course à la succession et de la cour de son mari tous ceux qui peuvent porter ombrage à son plan.

Dans cette configuration, Moleka va-t-il tenir, acceptera-il de jouer le rôle de figurant ou ne finira-t-il pas en cas d’entêtement par subir le sort des autres cadres  valeureux qui avaient été chassés du parti suite à leur fronde contre Marthe ? Autant d’interrogations sans réponse jusque-là d’autant plus que Moleka s’est vu encore renouveler la confiance par son patron.  Ses bras droits affirment que le dircab parait conscient de ce qui peut lui arriver quand il faut défier la reine dans sa propre cour mais pour le moment, il a décidé de ne pas lâcher parce que, selon eux, il faut distinguer parti et famille.

 

La Classe politique aveuglée

Publié le mercredi 9 avril 2014 14:19 Face aux multiples enjeux de la RDC. La longue attente d’un gouvernement de cohésion nationale a créé un coup d’arrêt dans le débat autour de vrais enjeux de la République démocratique du Congo. A cela s’ajoute, le débat presqu’à l’emporte-pièce sur la feuille de route électorale. Ainsi, là où l’on devait s’attendre à un débat de fond, la classe politique se perd en conjectures, étale ses insuffisances à baliser la voie pour un bel avenir du pays. Comme frappée d’aveuglement. La République démocratique du Congo est à la croisée des chemins. Placée au cœur de l’Afrique, elle est au centre de multiples enjeux à la fois nationaux, régionaux et internationaux. Avec la déroute en novembre des ex-rebelles du Mouvement du 23 mars (M23), l’on pensait que la RDC était sortie des sentiers battus, bien disposée à aborder avec sérénité son avenir. Que nenni ! Convoquées en 2013, de grands espoirs ont été placés sur les concertations nationales, censées baliser la voie pour un nouvel élan. Malheureusement, ce grand forum national s’est révélé comme une coquille, plombée dans la difficulté, six mois après sa clôture, de mettre en place un gouvernement de cohésion nationale. Depuis, c’est l’incertitude la plus totale, et ce, malgré l’optimisme que continue à afficher Léon Kengo wa Dondo, l’un des membres du présidium du Comité de suivi des recommandations issues de ces assises. Le gouvernement de cohésion nationale se faisant attendre, toute la classe politique se trouve désemparée, tourne en rond et cherche désespérément un éventuel ancrage. Il ne serait pas exagéré de dire qu’en ce moment précis, les politiciens congolais, toutes tendances confondues, frôlent l’atonie. Tous les regards sont tournés vers la feuille de route électorale de la Commission électorale nationale indépendante, avec en corollaire une possible révision constitutionnelle pour se rapprocher du schéma électoral de la CENI. Ces deux questions préoccupent l’ensemble de la classe p

Au grand bonheur de la MP, les oppositions s’entremangent : Rude bataille entre Opposition Républicaine et Sauvons la RDC

«L’histoire est un éternellement recommencement», dit-on. Mais l’on constate que beaucoup n’en retiennent pas les leçons. On en veut pour preuve le contexte politique actuel de la RD-Congo caractérisé par des incertitudes et contradictions.

La démocratie rime avec des élections. Seules des institutions émanant de la volonté populaire demeurent le gage d’une bonne marche de la société. La RD-Congo est en train de faire ses premiers pas. A ces jours, le pays a déjà connu deux cycles, en 2006 et 2011. Alors que le Président de la République est à mi-chemin de son second mandat, acteurs politiques et simples citoyens RD-congolais s’inquiètent. Va-t-il rempiler ou non? La question demeure encore pendante. Beaucoup dans la sphère politique RD-congolaise s’imaginent dans cette posture présidentielle sans qu’ils en aient réellement l’étoffe. «Il n’y a pas de régime bon ou mauvais en soi mais tout dépend de la vertu des dirigeants et de la finalité qu’ils assignent à leur fonction», disait Aristote.

Le fauteuil présidentiel fait rêver plus d’un. Aux présidentielles de 2006, il y a eu cinquante candidats, et onze en 2011. Combien seront- ils en 2016, l’année voulue de tous les enjeux, celle qui donnera assurément au pays une nouvelle orientation, une alternative pour sa destinée? La classe politique semble peu préoccupée par cette question. Elle se focalise plus sur des querelles dignes d’une cour de récréation. Un analyste s’interroge : l’alternance, oui, mais pour quel profil? Selon lui, si dans la Majorité présidentielle, l’on semble assez confiant sur l’avenir, ce n’est pas le cas pour l’Opposition. Dans les rangs de cette dernière, il se dégage un constat : l’union n’a jamais été leur fort. Ils semblent plutôt motivés par l’intérêt. «Cependant pus très loin de la RD-Congo, au Kenya, à une époque où ce pays connaissait un problème d’alternance, tous les acteurs politiques ont mis leurs intérêts et divergences de côté. Ils se sont fédérés autour de Mwai Kibaki comme candidat unique et challenger du chef de l’Etat de l’époque», explique-t-il. Ce qui a pu favoriser l’alternance.

Mais à en juger par le tableau que présente l‘Opposition RD-congolaise, le rêve d’une seule et unique coalition est utopique, voire irréalisable. L’opposition s’émiette. Deux tendances s’empoignent pour l’instant, face à l’essoufflement du leader de l’UDPS Etienne Tshisekedi et à la perte de poigne du MLC: d’un côté la plateforme dite Opposition républicaine avec Léon Kengo wa Dondo, speaker du Sénat, comme autorité morale. Et de l’autre la coalition Sauvons la RDC menée par le tandem Kamerhe-Fayulu. Toutes Courent derrière le pouvoir. Et la sphère politique nationale semble bien entretenir des illusions présidentielles, appuie cet analyste. Mais il y a une chose à retenir: alternance ne veut pas seulement dire changer d’homme. Il s’agit aussi de changer d’idéal, de vision. «Il n’y a pas de régime bon ou mauvais en soi mais tous dépend de la vertu des dirigeants et de la finalité qu‘ils assignent à leur fonction», disait Aristote.

Un autre observateur évoque l’exemple français. Après deux décennies de règne de la Droite, la Gauche française a réussi en s’unissant et ralliant toutes les tendances proches d’elle autour de François Hollande pour battre Nicolas Sarkozy. Le parti socialiste a de prime abord gagné du terrain sur la scène politique en s’imposant aux élections municipales et législatives. Grace à des idées solides et un projet de société compatible aux désidératas des Français. Ce qui n’est pas impossible à faire en RD-Congo. Mais il faudrait avant tout une volonté réelle de s’unir. Et ce n’est qu’après qu’il pourrait y avoir un débat de fond et de clarification afin de trouver un compromis qui intégrera les ambitions des uns et des autres dans un projet de société commun servant de contre poids pour une alternance crédible. De son côté, le pouvoir en place devra recenser les plaintes et déceler toutes les failles de son action tout au long de ses deux mandats. L’idéal est de rectifier le tir pour que 2016 soit une alternance inscrite dans le renouveau.
Aimé Césaire MATUNDU

RDC: Germain Katanga reconnu coupable de crimes de guerre et crimes contre l’humanité

Bâtiment abritant la Cour pénale internationale à la Haye aux Pays-Bas

La Chambre de première instance II de la Cour pénale internationale (CPI) a reconnu vendredi 7 mars le chef milicien Germain Katanga coupable d’un crime contre l’humanité (meurtre) et de quatre crimes de guerre (meurtre, attaque contre une population civile, destruction de biens et pillage) commis le 24 février 2003, lors de l’attaque lancée contre le village de Bogoro, district de l’Ituri, en République démocratique du Congo (RDC). La juge Christine Van den Wyngaert a joint au jugement une opinion dissidente.

« Des décisions sur la fixation de la peine puis sur les réparations pour les victimes seront rendues prochainement », indique la CPI dans un communiqué.

Au vu des dépositions des témoins et des différents éléments de preuve produits devant la Chambre, il a été établi au-delà de tout doute raisonnable, que Germain Katanga avait contribué de manière significative à la commission des crimes par la milice Ngiti dans le village de Bogoro, indique la CPI.

La Chambre a conclu que Germain Katanga avait agi tout en ayant connaissance du projet criminel contre les membres de l’ethnie Hema vivant à Bogoro.

« Germain Katanga avait été l’intermédiaire privilégié entre les fournisseurs d’armes et de munitions et les auteurs matériels des crimes qui feront usage de cet armement à Bogoro », précise le jugement de la CPI.

Initialement accusé d’être auteur principal, Germain Katanga a finalement été reconnu complice des crimes commis à Bogoro après une requalification de sa responsabilité dans la commission de ces crimes.

« Il a contribué à renforcer les capacités de frappe de la milice Ngiti à l’origine des crimes commis à Bogoro le 24 février 2003. Il a contribué aussi, grâce à la position qu’il occupait à Aveba, seule localité de la collectivité disposant d’un aéroport apte à recevoir des appareils transportant des armes, à équiper cette milice et à lui permettre de fonctionner de manière organisée et efficace. Son intervention a permis à la milice de bénéficier de moyens logistiques dont elle ne disposait pas qui lui ont permis d’assurer sa supériorité militaire face à leur adversaire », indique la chambre première instance II.

Mais il n’a pas été démontré qu’il avait la capacité de donner des ordres, d’en assurer l’exécution ou de sanctionner les commandants de différents camps.

Le Procureur et la Défense peuvent faire appel de ce jugement dans un délai de 30 jours.

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