Month: June 2014

Discours sans engagement pour l’avenir

Je viens de suivre à l’instant même l’adresse de kabila à la nation et je ne peux rester indifférent face à cette façon de conduire le grand destin de tout un peuple. Quelle légèreté? 
30 juin 2014, 54 ans déjà. Discours creux, timoré, somnolant, non motivant et sans engagement pour l’avenir. Que du “déjà entendu” comme en 2006 et en 2011 lors de ses deux investitures, la forme de l’allocution a changé mais le contenu reste le même: la reforme de l’administration publique et le redressement de l’appareil judiciaire, et il ne manque plus que sa phrase habituelle” l’armée est en construction” pour embellir le décors. Kabila reste sourd aux attentes du peuple congolais mais cherche son appui face à ce qu’il pense subtilement sans prononcer le mot ” de l’ingérence extérieure”. Il ose brosser avec audace un tableau combien positif et éloquent de la république et lance un appel au retour de la diaspora. Tout est paradoxal:
-Il dit avoir mis fin à la rébellion de M23, et en même temps il intègre les rebelles vaincus dans l’armée nationale.
-Il parle de processus en cours de désarmement de FDLR, et en même temps au lieu de renvoyer ces anciens miliciens dans leur pays d’origine, il décide de les installer à l’Equateur donc de déplacer le problème.
-Il lance un appel à la diaspora de renter au pays, et en même temps il convoque les diplomates pour traquer les mêmes congolais de l’étranger.
-Il soutient le calendrier partiel de la CENi contrairement à la volonté du peuple mais en même temps il demande au peuple congolais de ne pas céder au chantage et d’appuyer cette institution pilotée par Malumalu.
-Il se prononce pour le respect des résolutions de la concertation mais entre-temps il ne les applique pas, et le gouvernement reste démissionnaire depuis 10 mois en attente d’un gouvernement d’union nationale. 
-Il qualifie la dépréciation et l’inflation à trois chiffres du vieux souvenir mais l’on remarque que rien n’a changé dans le quotidien de la population et il y a toujours une hausse généralisée de prix.
Le vrai tableau de notre pays parle de lui-même:
L’accélération de l’exode rural, le non accès aux soins de santé, à l’alimentation, à l’eau potable, à l’éducation, le délestage de l’électricité, la modernité pour quelques routes de kinshasa, la justice corrompue, l’administration inexistante, l’armée sans unité de commandement, des tissus économiques détruits, la zone rurale abandonnée etc….Il ne faut pas se leurrer, Kabila est entrain d’endormir le peuple congolais. Le Congo étant devenu son bien personnel, les congolais ses sujets et les institutions de la république ses instruments. Il n’y a pas d’autre issue que de mener une insurrection.

Le joueur devenant l’arbitre en plein match

La politique est un art qui requiert de l’élégance et de fair play. Le match de football se joue en 90 minutes, et le jeu est bien officié par un arbitre. Ce dernier joue un rôle neutre et impartial afin d’appliquer à la lettre les règles du jeu pour que le match se déroule normalement et conformément aux règles établies. C’est l’arbitre qui siffle la fin du match, et quelle que soit l’issue du match, les gagnants saluent les perdants. C’est donc le signe de respect et surtout l’esprit de sportivité qui animent les joueurs. En politique, c’est la même chose. La constitution qui est neutre, est notre arbitre à nous tous. Elle détermine le rôle de chaque institution et limite aussi la durée de mandat de chaque pouvoir donc il siffle la fin du mandat. Elle veille à ce que tout se déroule conformément aux prescrits et au respect des règles du jeu. Bien qu’acculé, un joueur ne peut aucunement s’improviser arbitre en plein match, et par conséquent  de favoriser son équipe. Malheureusement, c’est le cas au Congo. Constatant que la fin de son mandat approche, se sentant coincé, et enfin l’étau se resserrant  autour de lui, kabila s’improvise arbitre. Il ouvre la constitution et y rentre timidement en ayant un seul objectif:” modifier l’article 220″. Il quitte le rôle de joueur en devenant ainsi l’arbitre. Le jeu est donc biaisé. C’est donc le moment pour l’opposition de mobiliser la population afin de mettre fin à cette hémorragie de distraction dont Kabila excelle: concertations, gouvernement d’union nationale et bientôt un comité composé des juristes de renom pour modifier la constitution…Où va-t-il s’arrêter? Il est le devoir de tout congolais de contrer tout élément susceptible de contribuer à la prolongation du pouvoir kabiliste. Il faut absolument ériger le système de containment pour stopper l’élan dictatorial et la pérennisation du pouvoir de kabila.

Diversion honteuse.

La guerre éclate à l’est du Congo, une stratégie de diversion honteuse.

Le président Kabila a opté pour un chaos généralisé et un suicide collectif.

Le décor est donc planté pour son maintien au pouvoir:

  • passage en force à la révision constitutionnelle sans aucun débat et ni transparence, mise à part un communiqué laconique de son porte parole Mr Mende. Fort de sa majorité à l’Assemblée nationale, Kabila a les moyens de le faire avec aisance.
  • militarisation accrue de la garde présidentielle depuis un an.
  • arrivée des contingents militaires étrangers depuis samedi passé, installés à Kingakati et au camp kokolo.
  • création des foyers des tensions afin de provoquer une insécurité généralisée.

De tout ce qui précède, il ne s’agit pas d’un simple scénario anodin mais il est plutôt question d’une stratégie bien réfléchie depuis longtemps avant-kingakati, à Kingakati, à Mbandaka, avec l’interpellation des ambassadeurs et avec l’arrivée des mercenaires à Kinshasa.

Un vibrant appel est donc lancé à la conscience internationale pour prendre la mesure de la gravité de la situation au Congo prélude d’un chaos généralisé et d’un drame à grande échelle afin que demain,  l’on ne dise pas que l’on ne savait pas. Il y a lieu de dire aux congolais et à la communauté internationale qu’un génocide planifié est en marche.

Le ver étant dans le fruit, la guerre qui vient de se déclencher à l’est du Congo n’est qu’une distraction honteuse car d’un côté, il y a un contingent militaire rwandais qui est arrivé à kinshasa, et de l’autre côté, on assiste à des échanges de tirs qui opposeraient les armées rwandaises et congolaises à la frontière entre les deux pays. Le Rwanda se dit attaquer par l’armée congolaise.  Chers compatriotes, soyons sérieux,  l’évidence est là, le Congo n’a pas d’armée. Toutes les cellules opérationnelles de l’armée sont dirigées et contrôlées par des militaires issus des factions armées RCD/Goma, CNDP de Kunda et dernièrement par ceux de M23.

Toutes ces stratégies montées de toutes pièces sont le fruit d’un scénario qui porte bien le nom de: “le maintien de Kabila au pouvoir”. Des faits démontrent aisément et d’une manière illustrative combien Kabila n’envisage pas de partir. Monsieur Mende l’a dit et confirmé que le Congo n’a pas besoin de 30 millions de la communauté internationale pour organiser les élections. Il a donc fait allusion aux 30 millions promis par les Etats-unis.

Fort de sa fortune évaluée à plus de 15 milliards de dollars, Kabila et sa majorité veulent financer eux-mêmes les élections comme ils avaient fait lors des élections de 2011 avec de l’argent qu’ils avaient pillé et caché sans pour autant que cela ne soit budgétisé. Kabila est devenu très riche avec l’argent des congolais et se croit fort pour narguer le congolais et la communauté internationale. Yes, we can.

L’homme est devenu le sujet de droit international.

A ceux qui ne comprennent pas encore qu’à l’instar des Etats, ONG et autres sujets du droit international, l’Homme est devenu un acteur non négligeable du droit public international. Le nouveau parlement ukrainien a appelé la cour pénale internationale de la Haye à poursuivre le président déchu Viktor Ianoukovitch après le bain de sang à Kiev qui a fait 82 morts. A titre de rappel, les droits de l‘Homme sont consacrés comme le principe de droit international. Ce dernier a, en effet, la primauté sur l’ordre public interne. Par conséquent, un président qui tue, qui massacre, qui opprime au plus haut degré, sa propre population, doit être traduit en justice pour crimes contre l’humanité.
Faire valoir la notion de la souveraineté de l’Etat après avoir organisé et commis des crimes contre sa propre population, est inacceptable au regard de droit international. Ceux qui osent encore évoquer cette notion d’une manière étriquée et restrictive doivent revoir leur conception par rapport à l’évolution de l’espace des relations internationales. Corollairement, il est indéfendable qu’un président planifie et ordonne le massacre de ses gouvernés, qui de surcroît, sont la source même de sa légitimité. Un gouvernant de cet ordre là perd par évidence toute sa légitimité. Le droit à l’intervention pour des raisons humanitaires s’avère le prolongement de ce principe des droits de l’Homme.
 

La médiocratie.

” Chance eloko pamba”, c’est la philosophie qui est socialisée et quasi institutionnalisée comme mode de fonctionnement dans notre pays. C’est la légèreté par excellence tant du côté des gouvernants de gérer la chose publique que celui des gouvernés de prendre la vie de la cité comme telle. Avec une telle mentalité, la médiocratie a élu domicile à tous les niveaux, et la méritocratie n’est pas prise en considération. En bref, tout ce qui est considéré comme excellence, est devenu anormal et non vertueux. Okomi “YUMA”.

Le dictateur, source de la paupérisation du peuple.

Discutons sans passion: Au Congo, l’anormal devient normal. Je conçois très mal que dans un pays où l’administration n’existe pas, où tout dossier passe par le Ministre moyennant …, on se permet de fonctionner avec un gouvernement qui gère les affaires courantes depuis presque 8 mois. Je sais que le pays s’est arrêté depuis longtemps mais avoir la volonté de l’asphyxier davantage et de le détruire avec autant de méchanceté s’avère diabolique. Tout s’est arrêté sauf à la présidence de la République. Un des moyens pour un dictateur de demeurer au pouvoir consiste à appauvrir sa population afin que cette dernière ne s’occupe pas de son pouvoir car préoccupée par la recherche de la satisfaction des besoins de première nécessité. Le dictateur reste donc le seul bienfaiteur faute d’une meilleure redistribution sociale. 

Georges Alula, l’Homme de la situation.

Discutons sans passion: l’heure de la rupture totale et radicalement atroce avec les pratique, comportement et mentalité de l’environnement politique actuel a sonné. L’homme politique est un acteur politique qui pense uniquement à l’intérêt collectif, et son leitmotiv doit demeurer la protection de l’intérêt général. Les actions d’un homme politique ne peuvent être évaluées que par rapport à la satisfaction ou non de la collectivité. Pour atteindre la satisfaction de l’intérêt général, l’homme politique doit se sacrifier. Tel n’est pas le cas pour l’homme politique congolais. Au lieu de dormir, se réveiller et penser uniquement à l’intérêt collectif, l’homme politique congolais a éradiqué dans son vocabulaire la vraie mission de la gestion de la chose publique qu’est la défense de l’intérêt général. Il est devenu l’homme de la compromission au service des intérêts égoïstes avec comme seul objectif la satisfaction personnelle. Pour preuve, ces pseudo politiciens sont tous au portillon du gouvernement qui s’annonce bientôt. La notion de sacrifice est bannie, c’est l’intérêt immédiat qui compte, c’est ce qu’on appelle dans le langage courant au Congo la politique du ventre. Je pense que cette façon d’agir en politique doit s’arrêter car la politique est un art noble, il faut la remettre à sa juste place avec des gens intègres et voués au développement de ce pays. L’après 2016 sera incarné par un leadership de groupe piloté par un homme de valeur, intègre, qui a le sens de l’intérêt général. Monsieur George Alula a ses qualités là et qu’il faut le soutenir en dehors des intérêts partisans. Il est l’homme de la situation.

La spoliation des biens de l’Etat.

Discutons sans passion: “Eloko ya l’Etat epolaka te”. Même après 100 ans, l’Etat sera toujours rétabli dans ses droits. C’est inquiétant de la manière dont le patrimoine immobilier de l’Etat est spolié. Je comprends que certaines personnes animées du respect de l’intérêt général ne soient désarçonnées. Soyez tranquilles, le gouvernement de la défense des intérêts collectifs sous le leadership de Monsieur Georges Alula s’en occupera au moment opportun.

Il doit partir.

Ne compliquons pas les choses et parlons-en dans un langage simple peut-être vous comprendrez:
Dites-nous, lorsque vous ne savez ni fournir de l’électricité ni donner de l’eau courante à son peuple ni lui permettre d’avoir accès à l’alimentation et aux soins médicaux ni faciliter la scolarisation des enfants, pourquoi voudriez-vous rester au pouvoir? Quels en sont les mobiles? Partez partez et partez au lieu de dire dégagez. Je reste courtois.

Gouverner, c’est prévoir.

Dépassons nos émotions tout à fait légitimes concernant la barbarie dont nos compatriotes ont été victimes à Brazzaville, et maintenant poussons notre gouvernement à dire la vraie vérité au peuple congolais.
Gouverner, c’est prévoir. Notre gouvernement, peut-il dire aujourd’hui au peuple congolais qu’il n’a pas été au courant de ces expulsions massives de nos frères et soeurs de Brazzaville? Je ne crois pas un seul instant que tel a été le cas sinon le silence éloquent de nos gouvernants dans cette question d’actualité serait rompu. Le gouvernement de la RDC a été au parfum de la décision du gouvernement congolais d’en face que les congolais de kinshasa en séjour illégal sur leur territoire seront refoulés. Il y avait eu des réunions préparatoires entre les deux gouvernements, et le principe de l’expulsion était accepté par les deux parties. Il s’avère que le problème du côté de notre gouvernement se situe au niveau de l’ampleur des événements. Notre gouvernement est dépassé par cette opération, et le hic vient de l’absence de prévention, de manque d’organisation et d’esprit d’anticipation. Notre gouvernement n’est pas à la hauteur. On n’est pas naïf pour avaler n’importe quoi. Le gouvernement congolais d’en face ne pourrait pas expulser nos compatriotes sans pour autant que notre gouvernement ne soit au courant sinon à quoi servent les canaux diplomatiques. Dans d’autres cieux, il y aurait des démissions en cascade. Excusez-moi, j’ai oublié de dire que le gouvernement congolais est déjà démissionnaire depuis 6 mois. Donc, c’est lui personnellement qui endosse la responsabilité, de ce fait, la logique implique qu’il tire la conclusion de ce désastre.